# Témoignages

Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne, président de Novespace

« Ma familiarisation à l'apesanteur fut progressive. D'abord en Alpha Jet, sur une durée d'environ quarante secondes. Mon corps était fixé par le harnais du siège éjectable, mais je vivais à l'intérieur du corps un bouleversement bizarre de remontée durable de mes organes. Puis ce fut le vol parabolique en avion gros porteur laissant mon corps flotter librement pendant une vingtaine de secondes. La nouvelle sensation qui primait alors était la liberté fantastique de pouvoir «voler» sans effort, et la joie de le vivre plusieurs fois par vol. Puis vint mon premier vol spatial, qui me donna le bonheur de jouir de l'apesanteur en continu. J'oubliai vite totalement le poids de mon corps et de tout objet. À l'arrêt des moteurs de lancement, je fermai les yeux pour m'imaginer dans une chute libre vertigineuse infinie, longeant un ravin. Puis en me libérant du siège pour le reste de la mission, au-delà de la possibilité de flotter librement, je pouvais me placer dans n'importe quelle orientation en oubliant les notions de haut et de bas. J'inventais avec mes collègues des jeux extraterrestres impossibles sur Terre comme le billard en 3D avec d'énormes boules d'eau en suspension. Je ne sentais plus mon corps. Je découvrais les possibilités géniales d'utilisation de toutes les parois de la cabine pour travailler, manger, dormir. J'ai le souvenir d'un environnement magique, ludique et très pratique devenu très vite addictif. Heureusement les vols paraboliques me permettent encore de revivre régulièrement ces sensations inouïes que je souhaite à tous de connaître un jour. »

Buzz Aldrin, second marcheur lunaire, mission Apollo 11

« Ce fut exaltant ! Ce fut génial d'expérimenter la gravité lunaire et l'apesanteur à nouveau. J'espère que toute personne intéressée par le tourisme d'aventure et l'espace pourra prendre part à cette opportunité exceptionnelle. »

Professeur Stephen Hawking, astrophysicien

« Le vol Zéro-G est la première marche vers le voyage spatial… Ce fut fantastique. Le zéro g fut merveilleux et l'hypergravité ne pose pas de problème. J'aurais pu continuer encore et encore. Espace… me voici ! »

Cécile Gaspar, vétérinaire

« Être en apesanteur, déjà c'est difficile à croire … Le vivre en vrai, c'est tellement magique !!! Tout est nouveau et rien n'est comme on se l'imagine… Difficile de ne pas faire des mouvements de nage lors de la première parabole, pour essayer de s'orienter, de résister, de contrôler… Puis très vite on comprend qu'il faut juste se laisser aller, apprécier, savourer cett e sensation de légèreté, de flottabilité. Plus de repères, plus besoin de contrôler… Juste se laisser imprégner par cette sérénité incroyable qu'apporte l'apesanteur. Dans la cabine du Zéro-G, tout est spécialement adapté et les rebonds au plafond, sur les côtés ou au sol se font tout en douceur… On se croirait dans une cabine tapissée de chamallows… On se sent libéré, léger, serein. J'ai adoré avoir la tête en bas et voir les collègues s'amuser comme des enfants… Oui, on devient, l'espace de quelques secondes, des explorateurs d'un volume nouveau, on teste son corps, on veut tout découvrir, tout palper, tout laisser vibrer en soi, comme un nouveau-né qui découvre son environnement et veut tout tester pour tout comprendre par lui-même. On devient explorateur de sensations nouvelles, avec une envie que jamais cela ne s'arrête… L'apesanteur est une sensation difficile à décrire, elle m'a comblée de plénitude et de sérénité. Ce vol à bord du Zéro-G m'a fait explorer, le temps de quelques paraboles, un environnement irréel, « extraterrestre », comme une enfant ébahie et candide devant une nouvelle découverte, comme le Petit Prince de Saint-Exupéry sur sa planète. Pendant ce vol, je repensais à cette idée que la Terre, notre planète bleue, c'est notre vaisseau spatial naturel, que les astronautes ont la chance d'observer à distance, et dont les messages sont si importants pour le futur de l'humanité : nous devons prendre conscience du caractère fini de notre planète, et la choyer comme un vaisseau spatial, unique et irremplaçable, un joyau fragile à bord duquel nous sommes tous embarqués, et dont nous voulons préserver les ressources pour les générations futures… »

Donald

  ... dans Le Journal de Mickey (23 janvier 2013)


Bertrand Piccard, initiateur et pilote du projet d'avion solaire Solar Impulse

« Jusqu'au jour où j'ai fait mon baptême de Zéro-G, j'ai cru que l'apesanteur était un état anormal. Depuis, je réalise chaque jour un peu plus que c'est la gravitation qui est anormale… N'essayez surtout pas, c'est addictif ! »

Charles Belli, chirurgien

« Lecteur anonyme passionné des choses de l'espace, si tu choisis d'aller goûter à la sensation incroyable de l'apesanteur, tu vivras une expérience de ta vie à nulle autre pareille. Avec l'apesanteur, on découvre à quel point nous sommes prisonniers de notre carcasse, écrasée sur notre planète par la gravité. Le temps du vol et des différentes paraboles, on oublie cette sensation. Les phases de microgravité sont une espèce d'énorme farce et de défi au bon sens humain. Le plus hilarant, en plus de marcher comme les Dupont sur la Lune, est sans doute d'escalader la carlingue à quatre pattes, un peu comme un hamster dans sa roue ; on reste collé au plafond par la force centrifuge que l'on crée soi-même. Au chapitre des visions surréalistes, je me rappelle avoir joué au ballon avec un “zéroguy” en boule qui traversait la cellule à basse vitesse avant d'être récupéré comme un vulgaire ballon quelques mètres plus loin par un autre passager. On reprend conscience de la gravité après les paraboles, soit environ après une heure de vol. À ce moment-là, mes 95 kg me sont apparus pour la première fois de ma vie. On comprend alors à quel point notre corps est prisonnier, écrasé au sol par une force invisible dont on ne voit pas comment se défaire. Pour les voyages interplanétaires, ce ne sera pas cette sensation de liberté incroyable qui indisposera les astronautes explorateurs. »

Marie-Ange Sanguy, rédactrice en chef de la revue Espace et Exploration.

« Si je devais donner un synonyme à “vol Zéro-G”, je dirais que le mot “rêve” s'applique le mieux. Comme beaucoup, j'ai espéré devenir astronaute. Néanmoins, dans le cadre professionnel, j'ai eu la chance de faire deux campagnes de vols paraboliques. La sensation de légèreté, d'indépendance, de “vision du futur” que m'ont procurée mes deux vols restera à jamais dans ma mémoire, quoi qu'il se passe. Pour retrouver cette sensation, il faut s'imaginer flotter dans une piscine, mais sans aucun frottement et sans aucune pression. Cependant, il s'avère impossible de trouver quelque chose qui remplace réellement cette sensation, car on ne fait que s'en approcher. Le défaut du “Zéro-G” ? Quand vous avez “goûté” à l'apesanteur, vous n'avez qu'une envie : recommencer ! Et pourquoi pas pour plusieurs jours… »

Rob La Frenais, passager d'un vol parabolique

« Le premier moment en zéro gravité est l'un de ces moments de réveil où vous avez l'impression d'avoir passé le reste de votre vie à rêver. »

Penn Jillette, illusionniste, comédien, musicien

« Mon corps sait maintenant qu'il peut voler. »

Jean-Luc Wibaux, Un ticket pour l'espace

« Je pensais que les sensations se rapprocheraient de la plongée sous-marine ; je me trompais complètement. J'avoue que j'ai été décontenancé par tant de nouveautés ; à chaque nouvelle parabole, j'écoutais le compte à rebours avec un plaisir sucré ; sentir et voir son corps décoller du sol sans faire le moindre mouvement, puis traverser la cellule de l'avion de part en part en exerçant la pression d'un doigt, suivant la courbe du plafond, ou encore faire corps avec tous les autres, et se faire virevolter tous ensemble en un seul bloc humain : quelles fantastiques sensations ! J'ai été exaspéré de ne pas savoir limiter mes mouvements pour gérer correctement mon vol. “Mon vol” : je n'en reviens pas encore, j'ai volé ! Mais ce qui m'a sidéré, c'est le retour à la pesanteur ! Quel poids incroyable nous supportons toute notre vie sur la tête ! J'ai aussi été enthousiasmé par le niveau d'expérience de tout le personnel navigant et accompagnant qui garde en permanence le sourire de la décontraction, réconfortant sans un mot les bleus que nous étions. Je mesure à peine la chance que j'ai eue. Je souhaite à chacun de partager une fois dans sa vie ce vol unique. »

Vinaya, passagère d'un vol parabolique

« C'est la sensation la plus étrange au monde. On a presque la sensation de nager, mais sans qu'il y ait d'eau à brasser. »

Pierre Meunier, metteur en scène, comédien.

« Il faudrait des mots sans poids, des phrases flottantes, des qualificatifs à l'envers, pour rendre compte de cette expérience incroyable. (…) Le retour au sol fut atterrant. J'ai retrouvé des corps sans grâce, lourdement assis ou marchant par saccades disgracieuses, privés de cette liberté à laquelle je venais d'accéder et qui m'avait procuré une sensation tellement jouissive du corps et de l'esprit, un plaisir inimaginable, intense et stupéfiant. Tout le monde devrait y avoir droit. »

Fabien, passager du vol du 17 juin 2015

« Pas de mot encore inventé dans la langue française pour décrire cette expérience ...... comment dire tout simplement : " Fantastique " »

Fabrice, passager du vol du 19 juin 2015

« Au cours de ce vol, j'ai découvert des sensations jusque là inconnues !
C'est tout simplement magique, fantastique au delà de ce que j'avais pu imaginé avant le vol...
J'ai encore beaucoup de difficulté à décrire ce que j'ai vécu lors de ce vol. Mais c'est à refaire sans modération ! »

Pierre-Emmanuel, passager du vol du 19 juin 2015

« Comment décrire cette sensation ? est la première question que l’on se pose en descendant de l’avion, du temps est nécessaire pour passer au filtre ces émotions.
Il paraît étonnamment plus simple d’écrire sur la pesanteur que sur son absence.
On commence par analyser ce qui diverge de l’idée préconçue, puis à dire ce que ça n’est pas, ensuite vient la décantation. Il s’agit d’un flottement perceptible au plus profond de nos entrailles, sans parasite, en totale liberté. 
Deux mots pour composer une locution : c’est du « sensationnel pur » sans rien de commun avec des activités sécrétrices d’adrénaline.
L'irréprochable organisation nous permet de profiter pleinement de cette expérience : C’était un rêve, je vous recommande de le vivre ! »



# Galerie photos

# J’ai RêVé d’espace...